Blog Coaching Ways Côte d'Ivoire

Retrouvez ici nos articles sur les spécificités du Coaching en Afrique. Fruit de nos réflexions et observations avec l'expérience de nos promotions Coaching Ways Côte d'Ivoire.

En Afrique, la volonté de Dieu peut-elle être un sujet de coaching ?

Une conviction spirituelle peut éclairer une décision. Elle ne donne pas au coach le pouvoir de décider ce que Dieu veut.

Une entrepreneure reçoit une proposition qui pourrait changer l’avenir de son activité. Un groupe souhaite financer son développement. Les conditions sont intéressantes. Elles lui imposeraient aussi de céder une partie du contrôle de l’entreprise qu’elle a créée.

Elle en parle avec ses associés. Elle consulte son comptable. Puis elle dit à son coach : « Je veux surtout savoir si c’est la volonté de Dieu. »

Le coach pourrait être tenté de répondre vite. S’il partage sa foi, il pourrait interpréter les événements avec elle : cette opportunité est-elle une porte qui s’ouvre ? S’il est mal à l’aise avec la religion, il pourrait ramener la conversation aux seuls chiffres du contrat.

Dans les deux cas, il risque de passer à côté de la demande. Cette femme cherche peut-être à discerner un choix important à la lumière de sa foi. Elle cherche peut-être aussi à exprimer une peur qu’elle n’arrive pas encore à nommer.

La volonté de Dieu peut-elle être un sujet de coaching ? Oui, si le client souhaite explorer ce que cette question signifie pour lui et comment elle intervient dans ses décisions. Le coach doit toutefois rester clair sur sa place. Il peut accompagner un discernement. Il ne peut pas attester ce que Dieu veut pour quelqu’un.

Pourquoi cette question entre dans la séance

Dans plusieurs pays africains, la foi participe aux conversations ordinaires sur le travail, la famille et l’avenir. Une promotion peut être accueillie avec reconnaissance. Un échec peut conduire à s’interroger sur son chemin. Avant un choix difficile, certaines personnes prient ou sollicitent l’avis d’un responsable religieux.

Cette place accordée à la religion ne concerne pas tout le monde et ne prend pas partout la même forme. Une enquête du Pew Research Center publiée en 2025 montre que la religion est jugée très importante par une grande part des personnes interrogées dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Elle couvre notamment le Ghana, le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Elle ne décrit pas à elle seule l’ensemble de l’Afrique francophone.

Le coach n’a pas besoin de supposer que chaque client africain est croyant. Il doit pouvoir accueillir la foi de celui qui en parle sans lui demander de la laisser à la porte.

Une personne qui dit « Je cherche la volonté de Dieu » peut être en train d’exprimer une conviction profonde. Si le coach ignore cette phrase, il ignore peut-être une part décisive de sa manière de comprendre le choix. S’il pense déjà savoir ce qu’elle veut dire, il risque de lui prêter ses propres croyances.

Le premier travail consiste donc à demander, avec simplicité : « Quand vous parlez de la volonté de Dieu dans cette situation, qu’est-ce que cela signifie pour vous ? »

Les mêmes mots peuvent recouvrir plusieurs demandes

Deux clients peuvent employer exactement la même phrase et attendre des choses très différentes.

Pour l’un, chercher la volonté de Dieu signifie vérifier que son projet reste fidèle aux valeurs qu’il essaie de vivre. Pour un autre, cela signifie prendre du temps pour prier avant de s’engager. Un troisième souhaite l’accord d’une personne dont il reconnaît l’autorité spirituelle. Un quatrième espère recevoir un signe qui lèvera toute incertitude.

Ces façons de vivre la foi peuvent aussi se mêler chez une même personne. Le coach ne gagne rien à les classer. Il peut chercher à comprendre comment elles influencent le choix présent.

Revenons à l’entrepreneure. Elle pourrait expliquer : « J’ai peur d’accepter cet argent par orgueil. » La séance peut alors explorer sa relation à la réussite. Elle pourrait dire : « Mes associés sont enthousiastes, mais je ne leur fais pas entièrement confiance. » La question spirituelle ouvre alors une question de gouvernance qu’elle n’osait pas encore formuler.

Elle pourrait aussi affirmer : « Je crois que je dois attendre, même si je ne peux pas encore expliquer pourquoi. » Le coach peut l’aider à examiner les conséquences de cette attente et la façon dont elle souhaite en parler à ses partenaires. Il n’a pas à démontrer que sa conviction est juste ou fausse.

Une bonne question de coaching n’écarte pas les mots religieux du client. Elle l’aide à leur donner leur sens propre.

Le coach n’est pas l’interprète de Dieu

La frontière devient nette lorsque le client demande : « À votre avis, est-ce que Dieu veut que j’accepte ? »

Le coach peut reconnaître l’importance de cette demande. Il peut aussi répondre honnêtement qu’il ne dispose d’aucune autorité particulière pour parler au nom de Dieu.

Cela vaut même s’il est croyant. Sa foi personnelle ne transforme pas son rôle professionnel en mission pastorale. Cela vaut aussi s’il connaît bien une tradition religieuse. En coaching, le client ne lui a pas confié le pouvoir de rendre un verdict spirituel.

Ce refus de trancher ne l’oblige pas à devenir distant. Il peut demander : « Comment discernez-vous habituellement ce qui est juste pour vous ? » ou « Quelles personnes aimeriez-vous consulter sur le plan spirituel ? » Puis revenir à ce qu’ils peuvent travailler ensemble : « Qu’avez-vous besoin de clarifier pour prendre votre part dans cette décision ? »

Le référentiel 2025 de l’International Coaching Federation demande au coach de tenir compte des croyances et du contexte de son client. Il lui demande également de préserver la distinction entre le coaching et les autres professions d’accompagnement. Le code de déontologie prévoit que le professionnel explique lorsqu’il intervient dans un autre rôle. Ces repères permettent d’accueillir la question de la foi sans prétendre exercer une fonction religieuse.

Un coach qui se trouve aussi être pasteur, imam ou accompagnateur spirituel doit être particulièrement attentif à cette distinction. Dans quel rôle parle-t-il à cet instant ? Qu’attend le client de lui ? Une relation déjà établie dans un autre cadre peut-elle influencer la liberté du client de le contredire ?

Ces questions méritent d’être dites avant que les rôles ne se confondent.

Quand « la volonté de Dieu » aide à décider

Il serait réducteur de voir dans cette expression une façon d’éviter ses responsabilités. Pour certaines personnes, elle invite au contraire à ralentir et à examiner les conséquences de leurs actes.

Un dirigeant peut refuser un contrat profitable parce qu’il juge les conditions imposées à ses fournisseurs injustes. Une cadre peut décider de rester dans une équipe en difficulté parce qu’elle y voit un engagement qu’elle souhaite honorer. Une entrepreneure peut accepter de grandir tout en fixant des conditions qui protègent ce qui compte pour elle.

Dans ces cas, la foi ne remplace pas le travail de décision. Elle fait partie des ressources avec lesquelles la personne réfléchit.

Le coach peut aider le client à passer d’une aspiration générale à des questions précises : « Quels principes souhaitez-vous respecter dans cette négociation ? » « Qu’avez-vous besoin de vérifier avant de signer ? » « Si vous refusez, de quoi devrez-vous prendre soin ? »

Il peut aussi inviter le client à regarder les faits qui résistent à son projet. L’entrepreneure souhaite peut-être développer son activité pour créer des emplois. Le contrat proposé contient pourtant une clause qui pourrait la priver de la possibilité de choisir ses partenaires. Examiner cette clause n’affaiblit pas son discernement spirituel. Cela lui donne de quoi décider en connaissance de cause.

La conviction et l’enquête peuvent avancer ensemble. Le coach n’a pas à choisir l’une contre l’autre.

Quand la question retarde indéfiniment le choix

Il arrive aussi que la recherche d’une certitude absolue immobilise quelqu’un.

Une cliente dit depuis des mois qu’elle attend de connaître la volonté de Dieu avant de répondre à une offre. La date limite approche. Elle demande conseil à plusieurs personnes, mais chaque avis crée un doute nouveau. Le coach pourrait être tenté de lui dire d’arrêter de consulter et de choisir enfin.

Il peut d’abord chercher à comprendre : « Qu’espérez-vous savoir avant de pouvoir répondre ? » Puis : « Comment reconnaîtrez-vous que vous avez suffisamment discerné, même si une part d’incertitude demeure ? »

Ces questions ne disqualifient ni la prière ni la consultation des proches. Elles permettent de voir si la cliente cherche un éclairage ou une garantie que personne ne peut lui donner.

Une décision importante comporte souvent un risque. La personne peut prier, se renseigner, écouter les personnes concernées et rester incertaine du résultat. Le coach peut l’aider à réfléchir à ce qu’elle fera de cette incertitude. Il ne devrait pas profiter de son hésitation pour pousser le choix qu’il préfère.

Qu’arrive-t-il quand deux convictions s’opposent ?

La question prend une autre dimension lorsque plusieurs personnes invoquent chacune la volonté de Dieu.

Un fondateur pense devoir conserver la direction de son entreprise. Sa fille pense qu’il est temps qu’il lui passe la main. Tous deux sont sincères. Aucun ne peut vérifier la conviction de l’autre à sa place.

Si le fondateur est le client du coach, la séance peut examiner ce qu’il entend dans la demande de sa fille. Quelles responsabilités souhaite-t-il garder ? Quelles décisions pourrait-elle déjà prendre ? Qu’a-t-il peur de voir disparaître avec son retrait ?

Le coach n’a pas à comparer la force de leurs convictions spirituelles. Il peut aider son client à décrire des responsabilités, à préparer une conversation et à entendre ce que sa fille dira réellement.

La foi donne parfois un sens profond aux positions prises. Elle ne dispense personne d’écouter les autres personnes touchées par une décision.

Cela vaut aussi lorsqu’un supérieur dit à un collaborateur que Dieu l’appelle à accepter une mission, ou lorsqu’un proche affirme connaître ce qu’une personne doit faire de sa vie. Le coach peut demander au client comment il reçoit cette parole, quelle autorité il lui reconnaît et quelle liberté il se sent capable d’exercer. La séance porte alors sur sa situation et sur son pouvoir de choisir.

Le coach doit examiner sa propre foi

Le professionnel croyant peut ressentir une proximité immédiate avec un client qui emploie son langage spirituel. Cette proximité peut faciliter la confiance. Elle peut aussi le rendre moins curieux.

Il croit comprendre ce que signifie « attendre Dieu ». Il admire le choix du client avant d’en connaître les raisons. Ou il évite une question difficile parce qu’il craint de sembler contester sa foi.

À l’inverse, un coach éloigné de toute religion peut traduire trop vite « discernement » par « peur de décider ». Il peut espérer que la séance conduira le client à abandonner une conviction qu’il comprend mal.

Dans les deux cas, le coach travaille avec ses propres réactions. Le code de déontologie de l’ICF demande aux professionnels de prêter attention à leurs biais, notamment à l’égard des pratiques spirituelles, et de respecter les frontières de leur rôle.

Une question à se poser après la séance pourrait être : « Ai-je aidé cette personne à mieux comprendre son choix, ou ai-je essayé de la rapprocher de ma manière de croire, ou de ne pas croire ? »

La supervision peut aider à travailler ce type de doute. Elle donne au coach un lieu pour parler librement de ce qu’il a ressenti, sans demander au client de prendre soin de ses convictions à lui.

Quand une autre aide devient nécessaire

Certaines paroles appellent une attention qui dépasse le cadre du coaching. Une personne peut décrire une souffrance psychique importante tout en la comprenant uniquement comme une épreuve spirituelle. Elle peut croire qu’un accompagnement religieux suffit, alors que son état exige aussi des soins.

Le coach n’a pas à contester sa foi pour reconnaître ses propres limites. Il peut accueillir ce que la personne croit et l’encourager à consulter un professionnel de santé qualifié. Si le client le souhaite, ces démarches peuvent coexister.

En Côte d’Ivoire, l’Organisation mondiale de la santé a décrit les difficultés rencontrées par des personnes cherchant de l’aide dans des camps de prière sans y recevoir les soins de santé mentale adaptés. Elle a aussi présenté un projet qui associe des professionnels de santé à certains de ces lieux. Cette expérience montre l’intérêt de travailler entre métiers lorsque les besoins d’une personne le demandent.

Le coach doit également savoir reconnaître quand son client souhaite avant tout une discussion théologique ou un accompagnement spirituel. Un responsable religieux choisi librement par le client sera peut-être mieux placé pour cette conversation.

Savoir orienter fait partie d’un accompagnement sérieux. Cela permet au coach de rester pleinement disponible pour le travail qui relève de sa compétence.

Revenir à la personne qui doit vivre avec la décision

Notre entrepreneure accepte-t-elle le financement ? La séance ne peut pas nous donner une réponse universelle. Elle peut l’aider à avancer dans son propre discernement.

Elle pourrait examiner le contrat, écouter ses associés et consulter une personne de confiance sur le plan spirituel. Elle pourrait découvrir que sa question porte sur la peur de perdre la maîtrise de son projet. Elle pourrait aussi constater que les conditions proposées contredisent une valeur qu’elle souhaite protéger.

À la fin, la décision lui reviendra. Elle ne pourra pas toujours connaître d’avance ses effets. Elle pourra en revanche savoir quelles raisons l’ont conduite à choisir et quelles responsabilités elle accepte d’assumer.

En Afrique, la volonté de Dieu peut être un sujet de coaching parce qu’elle peut être un sujet essentiel pour le client. L’enjeu est de lui laisser la parole sur sa foi, sans faire du coach le juge de cette foi ni l’auteur de sa décision.

Chez Coaching Ways Côte d’Ivoire, nous pensons qu’un coaching attentif au contexte doit pouvoir tenir cette place. Écouter ce que la personne croit. Comprendre comment cette croyance éclaire ses choix. L’aider à regarder les faits, les relations et les conséquences. Puis lui rendre la liberté de décider.

Le coach n’a pas besoin de savoir ce que Dieu veut pour accompagner quelqu’un qui cherche à vivre selon sa foi. Il a besoin de savoir ce qu’il peut apporter à cette recherche et où s’arrête son rôle.

Deux questions de terrain

Le coach peut-il demander ce que signifie « la volonté de Dieu » pour le client ?

Oui. Il peut chercher à comprendre ce que cette conviction éclaire, ce qu’elle laisse ouvert et comment le client souhaite décider. Il ne se présente pas comme interprète de Dieu.

Que faire si le client attend une réponse spirituelle du coach ?

Il convient de clarifier la demande et les limites du coaching. Le client peut choisir de consulter une personne de confiance dans sa tradition religieuse pour cette dimension précise.

Pour poursuivre la réflexion